Candidat du NPA, Philippe Poutou met au programme le désarmement de la police «au contact de la population» afin de lutter «contre les violences policières».

Alors que le débat politique se focalise depuis plusieurs années sur l’armement de la police municipale, la question ne se pose pas pour Philippe Poutou. Le NPA souhaite, au contraire, abolir le port d’arme pour la police même nationale. La proposition figure à la page 25 de son programme. Le candidat entend ainsi lutter contre «les violences» d’un «État policier». L’idée a désarmé la chroniqueuse d’On n’est pas couché, Vanessa Burggraf, qui en est -selon ses propres mots- «tombée de sa chaise», tout bonnement «scotchée» parce que «quand même on est en état de guerre». Sur le plateau de l’émission, le 25 février, Philippe Poutou l’a soupçonnée de ne pas avoir lu «le programme en entier» arguant que la mesure vise les corps de police «qui sont en contact avec la population», par exemple dans «les manifestations».

Une idée qui date

L’idée n’est pas neuve et figure dans le programme d’Olivier Besancenot à l’époque candidat de l’ancêtre du NPA: la Ligue communiste révolutionnaire, en 2007. Mêmes idées, même programme en 2012 pour Philippe Poutou. La logique suit donc son cours en 2017. Sur le site du NPA, la police est assimilée à «une arme essentielle de l’appareil d’Etat, au service d’un système global qui protège les exploiteurs, les bourgeois, les spéculateurs.» Un corps qui agit comme «une force d’occupation» dans «les quartiers» et dont les violences n’auraient comme «seul pare-feu possible» que le «désarmement».

Pour attester de la faisabilité de sa proposition, Philippe Poutou cite dans son programme les «Pays-Bas» qui «ont depuis plusieurs années banni l’usage des armes à feu par la police». Il y a, sans doute, là une confusion entre la police néerlandaise, bel et bien armée, et les très nombreux citoyens-policiers engagés dans le Bugernet, un système d’entraide entre habitants et forces de l’ordre, interdits de porter une arme. En revanche, certains pays n’arment, effectivement, que rarement leur police. C’est le cas de la Norvège où la police n’a abattu qu’une personne en 12 ans. .

En France, aucun rapport officiel ne fournit le nombre de personnes abattues par la police. Le programme de Philippe Poutou cite, sans dire d’où il provient, le chiffre de 140 tués depuis 2000. Les seules données qu’on peut retrouver sont partielles et émanent de sources non officielles, comme l’ONG Amnesty International, ou le site Basta Mag, qui évoque, en s’appuyant sur des sources de presse et sur des travaux d’historiens, 18 décès impliquant des policiers en 2012, et une moyenne de 10 à 15 morts liées à la police par an, soit entre 170 et 255 victimes depuis 2000.

Source : Philippe Poutou veut désarmer la police

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